Introduction au projet

a)    Etude du lieu.

Le centre Pompidou fait face à un lieu en friche, dégradé, au cœur de la ville de Metz. La manifestation « Imaginer maintenant la ville de demain », prendra en partie place sur ce site. Au premier abord, celui-ci semble dénué de qualité. Pourtant, et grâce à une étude approfondie, nous sommes parvenus à en dégager de nombreuses qualités intrinsèques. Si il est nécessaire d’aplanir en partie le terrain, et de le pré verdir pour des raisons esthétiques et pratiques, il faudrait toutefois éviter de passer la totalité du lieu au rouleau compresseur. Le site possède en effet de maigres indices de ce qu’il a été, et de petites particularités, qui en font sa singularité.

            1 : l’herbe sauvage a une certaine qualité, c’est le tiers paysage de nos villes, un espace libéré de la main de l’homme. Les photographies du sol nous montrent une biodiversité intéressante. Il n’y a pas rien : mousses, herbes hautes, lichens, galets, sables de couleurs…

            2 : des éléments (arbustes, blockhaus de béton détruit, talus, tas de matériaux divers, pavés au sol ou encore traverses de chemin de fer) peuvent devenir des éléments cruciaux dans l’aménagement du site. Il faut se rattacher à ce qui fait le lieu, même si au premier abord, ces éléments ne semblent présenter aucun intérêt particulier.

En effet, un talus surmonté d’herbes hautes, c’est déjà : une paroi naturelle qui met en valeur le centre Pompidou, le présente de manière originale, singulière, l’assoit dans un paysage. C’est un élément scénographique utile à la manifestation.             

Un bosquet d’arbustes, c’est un micro lieu dans le lieu, un espace de respiration à l’ombre, dans l’étendue vaste et sans qualification environnante.

Des traces de chemins (de goudron, en pavé), c’est la possibilité de les réintégrer dans les cheminements, afin de comprendre l’historique du site, et d’engranger des économies substantielles (réutilisons l’existant).

Un blockhaus en ruine, c’est une curiosité sur le passage, une trace de ce qui a été au potentiel onirique. Une fois sécurisé, planté et nettoyé, ce sera un espace original et de qualité, un jardin palimpseste au cœur du site.

            3 : Le site a quatre façades. De part ses dimensions, (une parcelle rectangulaire), le site est fortement orienté. Les deux grand côtés, par leur banalité (un mur anti son, et des immeubles sans caractères particuliers), portent notre regard sur les deux plus petits côtés, l’un prépondérant, avec pour toile de fond le centre Pompidou, et le sky-line du centre de Metz. Le second offre une ouverture sur le lointain, un horizon, grâce a la légère inclination du site un effet de perspective accentué avec les pylônes métalliques. 

b)    Intentions de projets.

Notre groupe s’est premièrement entendu sur les aspects conceptuels du projet. Il nous a paru crucial, dans le cadre d’une manifestation éphémère sur le thème « imaginer maintenant la ville de demain », d’utiliser des matériaux qui seront réutilisés dans la construction du futur quartier, dans un souci d’économie de moyens et d’écologie. En ce sens, nous voulons architecturer les réseaux : réseaux pédestre, réseaux d’adduction d’eau, d’électricité, drainage… Notre intervention ne doit pas être un élément supplémentaire, mais doit mettre en évidence, mettre en scène les interventions de chacun. Une manifestation de cette importance sur la ville de demain, ne peut pas se résumer à un champ de foire étouffé par les vrombissements des groupes électrogènes. On ne peut poser chacun de manière aléatoire. Un système de réseaux  hors-sol (l’image du centre Pompidou 1) organisera le site en mettant en valeur des perspectives intéressantes, s’adaptera aux éléments que nous souhaitons conserver, afin de créer des lieux dans le lieu. Nous offrirons ainsi une manière originale, économique et éphémère de déambuler dans cette manifestation, spirituellement à cheval sur les Deux Pompidou.

Nous nous sommes fortement intéressés aux cheminements. Ils doivent être de plusieurs ordres : des camions doivent pouvoir s’approcher au plus près de leur site afin de décharger le matériel lié à la construction des plates formes. Ces chemins de dessertes ne seront toutefois pas utilisés par le public. Pour eux, un deuxième ordre de chemins est prévu, avec une obligation : le passage a pied sec (en cas d’intempéries), l’accès aux handicapés, poussettes. Ce réseau sera conçu dans le but de révéler les qualités du site, les percées paysagères et s’organisera de manière pratique (entrée, sortie, parking, toilettes, plateformes). C’est le fil directeur de la scénographie. Un troisième type de réseau, de moindre dimensions, permettra d’utiliser des chemins de traverses, moins accessibles, prolongeant l’idée de friche, espace offert, librement parcouru.

Nous ne faisons pas le pari d’une météo clémente, c’est pourquoi notre intervention doit prendre en compte toutes les éventualités possibles, canicules, orages, qui ne doivent en aucun cas stopper la manifestation. Nos chemins doivent être hors eau, hors poussière. Il conviendra donc quand cela est possible et nécessaire, d’effectuer des opérations de drainages préventifs, fossés, bassins de rétentions, qui outre leur rôle technique, servira également à l’esthétique de notre projet.